mardi 30 septembre 2014

La fente labiale ou bec de lièvre : quand la chirurgie réparatrice se révèle esthétique et humanitaire

L’importance accordée aux apparences conditionne notre vie et notre existence et peut décider de notre sort… Réussir dans sa vie, affirmer son existence ne peut se faire que si nous maintenons une bonne relation avec la société dans laquelle nous évoluons. Et pour ce faire, nous sommes tenus, malgré nous, de répondre aux critères physiques qu’exige de nous les dictats de beauté de cette société… Nous sommes sous influence…





La première chose que l’on voit et remarque chez une personne est son apparence physique. Généralement, on émet un jugement ou une impression dès les premières secondes, et ce en nous basant sur son apparence, ses vêtements, son corps, sa façon d’agir… Ces critères nous guident à formuler des hypothèses sur son appartenance sociale, son environnement familial, sa personnalité, etc... On a plus tendance à juger les gens sur leur «paraître» que sur leur « être ».

Malheureusement, l'image du corps occupe une importance telle que certaines personnes se sentent exclues, mises à l’écart, parce qu'elles ne répondent pas au «canon de beauté» consacré par la société. Ce sentiment d'exclusion pousse ces personnes à apporter certaines modifications à leur corps dans le but d'intégrer les normes sociales. Cela pousse les gens à vouloir devenir autres, à modifier leur image.

Différents moyens sont mis en œuvre pour paraître bien, pour se faire accepter par autrui, pour être désirable, pour être aimé par les autres : régimes, relooking, chirurgie esthétique… Ainsi l'individu peut s'adapter, et influencer le regard des autres, mais aussi son propre regard sur lui-même.

Mais que se passe-t-il lorsqu’on ne peut pas agir, lorsqu’on ne peut pas améliorer ou modifier notre apparence et dans certain cas la réparer ?

Parlons du cas de ces enfants qui naissent avec une malformation congénitale, notamment, les fentes labiales (plus connues sous le nom de becs de lièvre). C’est une petite fente ou fissure dans la lèvre supérieure, juste en dessous du nez. Cela se produit lorsque les deux parties du palais ne se sont pas soudées correctement avant la naissance.




Il s'agit donc, d'une malformation de la lèvre supérieure et du palais. Elle est la plus fréquente, on dénombre : une naissance sur 600 en Asie, une naissance sur 750 en Europe et une naissance sur 1000 en Afrique.

Les fentes labiales (becs de lièvre), car cette malformation, héréditaire, est traitée et prise en charge dès le plus jeune âge en Occident. Mais dans des pays où l'on n'a pas accès aux soins, cette malformation qui est souvent mineure entraîne de très graves souffrances.

Non traitée, cette malformation a pour conséquences des perturbations en matière d'alimentation. Ce problème peut s’avérer vital dès la naissance, car l’enfant ne parvient pas à téter correctement et rappelons le, le lait reconstitué n’est pas souvent disponible en ces milieux et dans la majorité des cas, la famille n’a pas l’argent pour l’acheter.

La fente labiale
Le bec de lièvre, entraîne également des problèmes de croissance, de dentition affectant à son tour l'audition et la phonation, et par conséquent, des troubles de la communication et d'importantes conséquences psychologiques liées au regard des autres, aux moqueries et à l’exclusion.

Vous le comprenez donc, malgré le fait qu’il s’agisse d’une malformation dont l’intervention chirurgicale est bénigne, et peut donc être facilement corrigée, on assiste à des conséquences graves qui remontent à ce dictat du « paraître » exigé par les fondements de la société d’aujourd’hui. L’association « les sourires de l’espoir » rapporte qu’ils ont assisté à : « des rejets familiaux et sociétaux, parfois à la séparation des parents, aux accusations de sorcellerie (y compris envers la maman), à l'exclusion scolaire voire à l'abandon de l'enfant. Il nous arrive même de débusquer des adolescents ou adultes cachés dans les villages. Ce sont donc de terribles conséquences. N'oublions pas que sans système de protection sociale, les démunis n'ont aucune chance. Il arrive qu'on les laisse mourir à la porte d'un hôpital. »

Plusieurs d’entre nous, perçoivent la chirurgie esthétique comme étant une chirurgie dite "de confort". Car les personnes qui y ont recours veulent à tout prix la jeunesse et la beauté éternelles. Hors on oublie souvent que la chirurgie esthétique est également une chirurgie reconstructrice, qui est une discipline porteuse d'espoir et qui permet de restaurer la forme corporelle.

Mais la chirurgie esthétique peut-elle également être humanitaire ?

La réponse est oui. La chirurgie esthétique peut être humanitaire et au-delà même de l’acte, peut avoir une portée et un impact certain sur la destinée de plusieurs individus.

Plusieurs associations, médecins et chirurgiens se portent bénévoles pour porter secours, guérir et réparer des personnes aux fins fond de la brousse. Dans la majorité des cas les bienfaits opérés vont au-delà de l’acte médical ou chirurgical en soit, car ces interventions de chirurgie esthétique permettent de resocialiser les patients, qui jusque-là avaient été exclus, voir même bannis. Selon le Dr Patrick Knipper, président d’Interplast France : « Au Ghana, sur les rives du lac Volta, un enfant avec une fente à la naissance est noyé. La simple réparation de cette fente resocialise l’enfant, lui redonne une vie normale. La chirurgie esthétique humanitaire, c’est la finalité même de la chirurgie plastique : elle englobe esthétique et reconstruction. C’est reconstruire l’esthétique », conclut-il.

La chirurgie esthétique, on le comprend n’est pas une fin, elle est un moyen. Elle est le moyen qui transforme une reconstruction en un sentiment de beauté et, cela, quel que soit le pays. Quel que soit le cas.  Exploiter ses prouesses pour des fins nobles humanitaire, c’est ce qu’il y’a de plus.. « beau ».

Estetika blog : le blog de la chirurgie esthétique

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